Déclaration du SE-Unsa (CAPD du 12/04)

Monsieur le Directeur Académique,

Voilà le troisième trimestre qui se profile. Avec lui, son cortège d’obligations pour nos collègues qui souffrent et s’interrogent.

 -au sujet des inscriptions Affelnet 6ème.

Il semble que même notre hiérarchie reconnaisse à présent que les directeurs fassent bien le travail des chefs d’établissement du 2nd degré. En effet, dans le mail du 22 mars émanant de l’assistance Affelnet Bas-Rhin, on pouvait lire, écrit en rouge : « ATTENTION! L’application se trouve sous l’onglet “Scolarité du 2nd degré” »

 -au sujet du livret de compétences…

Le LPC tel qu’il est conçu actuellement est un obstacle à la mise en œuvre du socle commun, car il prétend être à la fois un outil de suivi, de communication avec les familles et de validation des acquis. Il est soit trop lourd, soit insuffisamment précis, soit trop technique selon les fonctions qu’on privilégie. Il faut distinguer l’attestation finale du socle commun dont le contenu est défini nationalement (en clarifiant les niveaux d’exigence requis) et les outils qui sont au choix des équipes pédagogiques pour le travail de suivi des acquisitions des élèves au quotidien. Le SE-Unsa s’est associé à d’autres organisations pour exiger une modification intelligente de la mise en œuvre du socle. L’une de nos propositions est de passer du Livret Personnel de Compétences à une Attestation du Socle Commun. En attendant une évolution de ce dossier, le SE-Unsa défendra les collègues qui décideront, face à l’ampleur de la tâche, de ne pas remplir les livrets d’évaluation du 3ème trimestre.

-au sujet des suppressions de postes…

Des actions de soutien aux RASED ont fleuri dans de nombreuses circonscriptions. Le SE-Unsa déplore les tentatives hiérarchiques de dissuader ici des directeurs, là des adjoints, de s’exprimer. Le fameux devoir de réserve a bon dos. Nous rappelons ici que les fonctionnaires sont soumis à l’obligation de neutralité dans le cadre de leurs fonctions. Mais la liberté d’opinion et d’expression doit leur être garantie puisqu’ils sont, en dehors de leur service, des citoyens comme les autres.

-au sujet des futures évaluations nationales en Grande Section.

Pardon, il faut dire à présent « outils d’observation et de renforcement ». Nous nous étions battus, avec beaucoup d’autres, pour que le projet initial du ministère, qui consistait à traquer les élèves à risques, soit abandonné… Arrive donc à présent sa réplique édulcorée et heureusement non obligatoire. L’épreuve de suppression syllabique ou celle du rébus sont d’ores et déjà éminemment discutable, trop artificielles, complexes et surtout bien trop précoces. Le SE-Unsa défend une école maternelle bienveillante sans pression excessive, attentive aux besoins de chaque enfant, dont les enseignants sont formés, à qui les échelons hiérarchiques supérieurs font confiance, et des RASED complets pour un accompagnement de qualité et non stéréotypé des élèves. Autant dire que nous voyons arriver ces évaluations d’un mauvais œil, et serons de fait attentifs aux pressions qui pourraient être exercées sur leur caractère facultatif.

 -au sujet de la circulaire d’organisation de la rentrée 2012.

A lire cette circulaire, on hésite entre la colère, la stupéfaction, et l’”admiration” devant l’imagination créative des rédacteurs. On se croit revenu aux plus belles années du stalinisme, quand les objectifs du plan quinquennal étaient à chaque fois atteints, voire dépassés, et qu’en même temps, la famine sévissait dans les campagnes. Entre autres, la partie consacrée à la formation initiale et continue des enseignants devra figurer dans les anthologies de la mauvaise foi politique. Je ne citerai que ce passage presqu’émouvant « l’amélioration de la qualité de la formation initiale, notamment avec le développement de nouvelles compétences professionnelles, s’inscrit désormais dans une perspective large ». Ou encore : « Les espaces en ligne de ressources et de formation, mis à la disposition des nouveaux enseignants et des personnels d’éducation, seront enrichis ». Avec un tel programme, nous voilà rassurés !

 S’il fallait une conclusion à notre liminaire, elle pourrait être celle-là : au SE-Unsa nous espérons que cette longue circulaire de rentrée ne sera au final que le testament politique d’une fin de règne.