La déclaration rythmique du SE-Unsa, CAPD du 14 février

Monsieur le Directeur Académique,

Depuis le début, la partition « rythmes scolaires » de notre ministre semble hélas « durchkomponiert », tel un Lied d’Arnold Schönberg. (durchkomponiert, littéralement : composé au fur et à mesure) A coup de soli lyriques, Vincent Peillon dirige depuis plusieurs mois une composition hasardeuse, dont le « la » avait certes été donné par le président-candidat François Hollande.

Telle une diva surmédiatisée, notre baryton de ministre a trouvé l’art et la manière d’énerver le chœur et l’orchestre. Et pourtant, le thème musical original était fort prometteur.

Après plusieurs mouvements parfois tonitruants nous arrive à présent ce décret mezzo voce sur les rythmes scolaires… Pardon, le sous-titre du livret précise « nouvelle semaine scolaire »… Car le thème mélodique a oublié les vacances d’été, dont le dépassement des 6 premières semaines installe un désapprentissage, même dans les meilleures master-classes… Il est vrai que la basse continue, assurée par le lobby touristique, joue « fortissimo ».

Cette réforme des rythmes s’illustre par un tempo allegretto. Recteurs, DASEN, IEN, communes, enseignants, parents, associations sont donc tenus de jouer à l’unisson, sans avoir eu le temps d’apprendre l’instrument. Du grand art, vous dis-je, et la production promet d’être épique, certainement très avant-gardiste…

Pour le SE-Unsa, dont le petit concert rythmique de mardi a peut-être lointainement chatouillé vos oreilles, il faut à tout prix rechercher l’harmonie à défaut de l’accord parfait. Certains essaient certes de chanter fortissimo, tentant de déchirer la partition. Pour nous l’œuvre, aussi imparfaite qu’elle soit, vaut la peine qu’on lui laisse sa chance.

L’harmonie, c’est par les conseils d’école qu’on pourra la trouver. Trois pupitres y sont présents, entraînés à jouer de concert : parents, communes et enseignants. C’est sur ces chœurs mixtes, les conseils d’écoles, qu’il faut miser aujourd’hui. La réforme des rythmes scolaires y trouvera son tempo et son succès, dans l’intérêt conjoint des musiciens (nos collègues) et du public (nos élèves)…

Le SE-Unsa souhaite que tous les acteurs puissent accorder leurs violons : pour en avoir la garantie, nous demandons ici la création d’un comité de suivi paritaire départemental, sorte de jury bienveillant, de grand accordeur soucieux d’assurer médiation et progrès.

Monsieur le Directeur Académique, mesdames et messieurs les IEN, le SE-Unsa 67 en appelle à votre oreille musicale pour orchestrer avec art, humanité et souplesse la partition bas-rhinoise de la réforme à venir des rythmes scolaires.