Les axes de la refondation

Exigeants pour le changementFrançois Hollande, mardi 9 octobre, et Vincent Peillon, jeudi 11 octobre, ont présenté à la communauté éducative les propositions qu’ils retiennent pour refonder l’École.

  • Priorité de la Nation à l’Ecole pour qu’elle puisse tenir la promesse de démocratisation
  • Loi de programmation qui sera présentée en Conseil des Ministres à la fin décembre
  • 60 000 postes supplémentaires sur la mandature
  • Pour le SE-Unsa, la mise en œuvre concrète des propositions devra être l’occasion d’une amélioration des conditions de travail des enseignants dans une école de la confiance et de la responsabilité

 

Les propositions retenues par le gouvernement
pour la rentrée 2013

Formation initiale

  • Ouverture des Ecoles Supérieures du Professorat et de l’Education,(ESPE) intégrées à l’université. Elles devront rétablir une entrée progressive dans le métier et assurer une formation professionnalisante.
  • La nature et la place des épreuves du concours de recrutement feront l’objet de discussions les 15 et 16 octobre.
  • Mise en place de pré-recrutements

Le SE-Unsa ne peut que saluer la restauration d’une formation initiale professionnalisante. Les moyens limités et l’urgence de boucler le dossier pour une ouverture en 2013 permettront-ils de mettre en place une formation à la hauteur des enjeux auxquels est confronté notre système éducatif ? Le SE-Unsa défendra une approche exigeante et ambitieuse de la formation pour l’Ecole du XXIème siècle.

Priorité à l’école primaire

  • Scolarisation des moins de 3 ans dans des conditions adaptées dans les territoires en difficulté
  • Plus de maîtres que de classes dans les écoles des territoires en difficulté en CP/CE1 dans un premier temps
  • Évolutions pédagogiques : devoirs faits à l’école, évaluation formative, redoublements réduits.

Cette priorité pédagogique et budgétaire est nécessaire. Pour peser sensiblement sur la réussite des élèves, elle doit se conjuguer avec un accompagnement des enseignants et rétablissement de la confiance. D’autre part, l’absence des aides spécialisées dans le rapport de la concertation comme dans les propos du ministre et du président est particulièrement inquiétante. On ne résoudra pas la grande difficulté scolaire sans les aides spécialisées.

Rythmes scolaires

  • Semaine de 4 jours et demi à l’école primaire.
  • Nouvelle organisation de la journée éducative de l’élève : accompagnement des élèves dans des activités péri-scolaires, développement de la pratique culturelle et sportive, accompagnement aux devoirs, mise en place de projets éducatifs territoriaux.

C’est la mesure qui suscite le plus d’inquiétudes dans la profession. Plus de jours, on a compris. Mais plus ou moins d’heures de service ? Avec ou sans contreparties ? Pour le SE-Unsa, le ministre doit dévoiler ses intentions sur l’organisation concrète et ouvrir rapidement des négociations. Les enseignants sont légitimes à exiger aussi une amélioration de leurs conditions de travail qui se sont nettement dégradées ces dernières années.

Éducation prioritaire

  • Abandon de la labellisation ZEP au profit de « l’aide personnalisée aux établissements » : différencier, dans le cadre de leur contrat d’objectifs, les moyens en fonction des spécificités territoriales, sociales et scolaires de chacun des établissements
  • Affecter dans les territoires en difficulté des enseignants expérimentés sur la base du volontariat en leur accordant de meilleures conditions de travail

Pour Vincent Peillon, le passage à la nouvelle logique devrait apporter plus de moyens aux établissements les plus sinistrés et éviter les effets de seuil. Le SE-Unsa souhaite toutefois qu’une politique particulière soit mise en place dans un cadre interministériel en lien avec la politique de la ville. Les propositions ne prennent pas en compte la logique de réseaux. Le SE-Unsa demande qu’elle soit conservée et même étendue à l’ensemble des territoires. Améliorer les conditions de travail est une bonne entrée, mais est-elle suffisante pour attirer des enseignants expérimentés ? D’autres incitations seront nécessaires et devront faire l’objet de négociations.

La voie professionnelle

  • Complémentarité entre les formations en apprentissage et celles sous statut scolaire
  • Définition de la carte des formations préparée par les régions en dialogue avec l’Etat

Les régions ont obtenu d’être «chefs de file» sur le dossier de la carte des formations professionnelles. Pour le SE-UNSA, les modalités de régulation de cette carte devront garantir une offre diversifiée sous statut scolaire dans les lycées professionnels publics sur tous les territoires. Les négociations devront clarifier la notion de complémentarité de l’apprentissage par rapport aux formations professionnelles. Quelle peut être alors la place du service public dans la formation en apprentissage ? Les propositions ne reviennent pas sur la dernière réforme qui pourtant met en difficulté un nombre important d’élèves et leurs enseignants. Ce dossier devra être ouvert, y compris dans ces aspects revendicatifs pour les personnels.

Ambition numérique

  • Lancement d’un plan d’équipement de toutes les écoles en très haut débit
  • Formation des enseignants
  • Production de contenus
  • Création d’un service public de l’éducation numérique (soutien scolaire)

Le SE-Unsa salue l’expression d’une volonté politique forte dans le domaine numérique incluant les usages pédagogiques. Reste à la concrétiser sur le terrain

Orientation

  • Mise en œuvre du service public régional de l’orientation.
  • Maintien des COP dans l’Education nationale.

Le SE-Unsa approuve la reconnaissance de la spécificité du conseil en orientation pour les publics en formation initiale par le maintien des COP dans l’Education Nationale. Il est favorable à une meilleure coordination de l’action de toutes les structures sur un même territoire, coordination qui sera assurée par la région.

Gouvernance

  • Création d’un «Conseil des programmes», chargé de redéfinir le socle commun et de veiller à la cohérence entre programmes et socle.
  • Création d’une instance indépendante d’évaluation de l’école.

Le SE-Unsa a proposé la création de ces 2 instances, la première pour assurer une rédaction unifiée des contenus de la scolarité obligatoire et un suivi régulier de ces contenus, la seconde pour assurer une évaluation des politiques menées en toute indépendance du politique. L’instrumentalisation des évaluations dans les années précédentes a montré l’importance d’une telle instance indépendante.

Les propositions retenues par le gouvernement
pour la rentrée 2014

  • Le métier d’enseignant : «penser différemment le métier, la carrière, l’évaluation».
  • Le lycée de la réussite : améliorer la liaison bac -3/ bac +3
  • Le lien entre école et collège

Le ministre choisit de ne pas ouvrir tous les chantiers à la fois pour la rentrée 2013 ! Mais il est important pour le SE-Unsa que la loi trace des perspectives à plus long terme et indique les chantiers qui seront ouverts. Réfléchir au métier d’enseignant et travailler à améliorer les transitions entre les différents niveaux de formation sont des chantiers essentiels pour la refondation.