Refondation/rythmes : sortir de la démagogie et de la manipulation !

Loi d’orientation et rythmes scolaires sont des dossiers distincts. Ne cédons pas aux sirènes de l’outrance et de l’amalgame.

Le SE-Unsa fait le point, pour vous aider à décoder les moultes informations qui circulent en ce moment. 

Le projet de loi d’orientation et de programmation pour l’Ecole a été présenté au CSE (Conseil Supérieur de l’Education) vendredi 14 décembre. Les orientations de cette loi et les moyens afférents marquent une rupture avec la politique précédente.

Une loi qui réhabilite la pédagogie : Cette loi traite du contenu des enseignements, de la progressivité des apprentissages et leur continuité. Elle rétablit la formation initiale et continue des enseignants en instaurant les ESPE. Enfin elle donne la priorité au primaire en lui attribuant les deux tiers des emplois créés. La loi réaffirme le rôle et la spécificité de l’école maternelle, elle redéfinit les contenus du socle commun en visant la continuité école-collège. La programmation dans la loi de 54 000 nouveaux postes en plus de la compensation des départs en retraite est la concrétisation de la priorité à l’éducation. Enfin, elle instaure un Conseil supérieur des programmes, et Conseil national d’évaluation du système éducatif. Cette loi marque une rupture avec la politique conduite depuis plusieurs années. La méthode de concertation aura aussi été particulièrement différente. Pour le SE-Unsa, ce changement politique engage au changement de posture syndicale. Nous avons donc voté pour la loi d’orientation. Quelle est la valeur d’un non quand on ne sait pas dire oui ?

Et les rythmes dans tout ça ? Ils ne figurent pas dans la loi ! Ce dossier des rythmes scolaires entamé depuis des mois n’en finit pas de ne pas aboutir. Le SE-Unsa a dénoncé l’impréparation et les atermoiements sur ce dossier géré au fil de l’eau qui exaspèrent la profession, à nouveau, dans une intervention liminaire lors du CSE du 14 décembre. Pour le SE-Unsa, la modification des rythmes scolaires voulue par le Président de la République et portée par son ministre doit apporter une amélioration des conditions de travail des enseignants. Le Ministre doit enfin l’entendre et les négociations, sur les 108 h notamment, se poursuivent.

Mises au point :

 Que signifient les votes pour/contre cette loi d’orientation ?

Chacun défend son point de vue et a des mandats donc s’exprime en fonction. Pour le SE-Unsa, nous souhaitons souligner les impulsions politiques positives contenues dans la loi d’orientation comme la programmation budgétaire de 60 000 créations de postes alors que nous venons de subir 5 années de destruction. Cette loi marque des priorités fortes : l’école primaire (relance de la scolarisation des enfants de 2 ans, affectation de plus de maîtres que de classes dans des écoles de l’éducation prioritaire, assouplissement de la mise en œuvre des PPRE), la réaffirmation du socle commun, la formation des enseignants, création d’une instance indépendante d’évaluation, d’un conseil des programmes… Voter contre ce texte, même imparfait, même incomplet, signifie l’acceptation des dispositions réglementaires et législatives du quinquennat précédent. Certains ont fait ce choix, pas le SE-Unsa ! Rappelons que les 4 organisations qui ont voté contre le texte sont : SUD, CGT, FO … et le MEDEF !

Concernant les 4 jours et demi : Pour le SE-Unsa, il doit y avoir une réelle amélioration des conditions de travail pour les collègues. Dans l’état actuel des négociations, le cadre est trop flou pour pouvoir se positionner clairement ! Le contenu des 108 heures ainsi qu’une compensation financière sont actuellement en négociation.

La suite en janvier… Le SE-Unsa reste combatif et sera réactif le moment venu.