Rythmes scolaires : le ministre ouvre enfin des négociations

Le ministre a reçu ce lundi 12 novembre à 18h30, en multilatérales, les fédérations syndicales sur la question des rythmes et la loi d’orientation. Réunion débutée à  18h30 s’est achevée à 2heures du matin.

Courrier intersyndical SE-Unsa/Snuipp/Sgen.  Avant cette réunion, où l’on peut penser que le ministre annoncera enfin ses décisions, le SE-Unsa, le SNUIPP et le SGEN qui « pèsent » plus de 80% des suffrages aux dernières professionnelles ont pris l’initiative d’une adresse commune au ministre. Ce courrier qui sera rendu public lundi matin à 10h00, lui rappelle que, si nous souscrivons à une initiative qui va dans le sens de l’intérêt des élèves, elle impacte largement les conditions de travail des personnels et nous y précisons nos revendications.

Compte-rendu de cette multilatérale : La réforme entrera en vigueur dès la rentrée scolaire 2013.

  • Les vacances d’été ne seront pas amputées.
  • La possibilité de faire classe le samedi matin ne sera pas exclue.
  • Le temps d’enseignement devant la classe entière n’excèdera pas la durée actuelle de 24 heures hebdomadaires.
  • Le contenu actuel des 108h est soumis à la concertation et pourra donc évoluer.
  • L’aide personnalisée, dont les horaires actuels sont maintenus, entre dans le champ de la négociation et pourra donc évoluer.
  • Des négociations sur la compensation financière de la perte de pouvoir d’achat (déplacements supplémentaires, garde d’enfants notamment) seront ouvertes.

Les multiples interventions du SE-Unsa, à tous les niveaux de l’État, ainsi que le courrier intersyndical avec le Snuipp et le Sgen, auront permis d’obtenir l’ouverture indispensable d’une négociation.

Le cadre de la négociation défini par le ministre portera sur :

  • la journée : elle pourrait s’étaler, dans le cas commun, sur 5h15, mais le ministre n’exclut pas la possibilité de laisser de la souplesse quant à la place de 24ème heure, à l’initiative des équipes pédagogiques, selon leur projet ou des spécificités locales. Ex : une semaine avec 1 journée de 6 heures et 3 journées de 5h, ou une semaine avec 2 journées de 5h30 et 2 journées de 5h. Pour le SE-Unsa, un horaire de 23 heures d’enseignement maximum reste un objectif.
  • l’aide personnalisée : le ministre ne veut pas revenir sur ce temps spécifique. Mais la question de son volume, de son contenu, de son organisation par les équipes est soumis à la négociation. Pour le SE-Unsa, une très large liberté pédagogique doit être laissée aux équipes quant à la finalité et l’organisation de ce temps devant élèves.
  • le reste des 108 heures : il fait lui aussi l’objet de la négociation. Le SE-Unsa a largement fait valoir que le mercredi après-midi devait être préservé pour l’organisation personnelle des enseignants. La densité des animations pédagogiques doit être revue. Pour le SE-Unsa, la journée de solidarité et la deuxième journée de prérentrée devront faire partie de la négociation.

Calendrier des négociations

La première séance de travail doit se dérouler cette semaine. Le ministère souhaite aboutir d’ici la fin du mois.

Réunion avec tous les acteurs

Le ministre a accepté le principe d’une réunion avec l’ensemble des acteurs : organisations syndicales d’enseignants, fédérations de parents d’élèves, collectivités territoriales et mouvements de l’éducation populaire.

L’avis du SE-UNSA

– La pression exercée depuis plusieurs semaines aura permis une première avancée avec l’ouverture des négociations. Le SE-Unsa a clairement fait savoir au ministre que les professeurs des écoles, s’ils étaient évidemment attachés à la réussite de leurs élèves, n’accepteraient pas une dégradation de leurs conditions de travail et de leur pouvoir d’achat.

– Pour le SE-Unsa ce dossier ne peut pas être clos une fois ce cycle de négociations achevé. La mise en place de cette nouvelle organisation de la semaine devra faire l’objet d’une évaluation et d’ici la fin du quinquennat la perspective d’un temps de service de 23 + 3 pour les PE devra être mis en discussion.