Salaires, avancement; permutations, capa-sh : la déclaration du SE-Unsa 67 / CAPD du 13.12.2012

Monsieur le Directeur Académique,

Depuis  des  années,  nos  collègues voient leur  pouvoir d’achat inexorablement diminuer,  leur métier dévalorisé, leurs missions se complexifier. Deux études internationales différentes l’ont constaté récemment, balayant les revenus des enseignants dans les pays développés : les professeurs français sont les seuls en Europe à connaître une baisse régulière de pouvoir d’achat depuis plus de 10 ans. Il est temps de remettre à leur juste place  les personnels en leur offrant une véritable reconnaissance tant aux yeux des différents partenaires de l’Education Nationale qu’au plan matériel avec une revalorisation de leur rémunération.

Concernant le projet d’avancement de ce jour : le SE-Unsa rappelle son opposition au principe de promotions différenciées et revendique un avancement accéléré pour tous. Il est regrettable de voir des collègues contraints de ne  progresser qu’à l’ancienneté à cause d’une AGS insuffisante. Il est tout aussi regrettable de voir des collègues partir à la retraite en n’étant pas au 11ème échelon. Notre projet d’avancement ressemble aux autoroutes françaises enneigées de la semaine dernière : faute d’un dégorgement efficace causé par une hors-classe anecdotique, les collègues stagnent sur les échelons. Ils vivent comme une  frustration de n’être plus promus qu’à l’ancienneté et comme une brimade de n’être souvent augmentés que d’un quart de point.

Abordons rapidement le récurrent et épineux problème des permutations, dont les inscriptions sont à présent closes. Cette année encore, nombre de nos collègues ont participé à cette campagne dans l’espoir de quitter ou d’intégrer le Bas-Rhin, la plupart du temps pour des raisons familiales. L’an dernier, nationalement, il n’y a eu que 25.12% des demandes satisfaites. 1 collègue permutant sur 2 a pu quitter notre département. 1 collègue permutant sur 6 a pu entrer dans notre département. C’est grave. Pour le SE-Unsa, le surnombre du Bas-Rhin n’est qu’un élément technique, purement comptable, qui ne devrait pas être opposé cyniquement aux situations de détresse que nos collègues empêchés de travailler ou séparés de leur famille ne devraient plus s’entendre opposer.

Quant à la mobilité professionnelle… Nous avons lu avec intérêt, Monsieur le Directeur Académique, votre invitation à la réunion d’information destinée aux futurs stagiaires CAPA-SH et vous en remercions. Mais nous sommes un peu déçus par le programme des festivités. En effet, seules les options A, C, D et F sont au menu. Notre département poursuivra-t-il sa diète en dépit des résultats de l’enquête PIRLS 2011 qui viennent de paraître ? En lecture, nos élèves ne progressent pas : la baisse significative des performances en compréhension des textes informatifs le prouvent. Plus grave : dans notre pays, les inégalités de performance entre les élèves demeurent importantes. De là à corréler la baisse des performances des élèves avec la diminution des postes de maîtres E et G, il y a un pas que je n’oserais franchir, même si la tentation est grande. Les RASED seront-ils absents des travaux de la refondation ? Nous en avons bien peur, et nous dénonçons ce manque de volonté politique de relancer le traitement de la difficulté scolaire. Notre département poursuivra-t-il sa diète en matière d’enseignement spécialisé ? Rased asséchés, formations capa-sh réduites à la portion congrue : entrons-nous définitivement dans une ère du traitement de la difficulté scolaire  dans les classes par l’injonction, …voire l’incantation ?

Avancement accéléré, revalorisation des salaires, droit à la mobilité géographique et professionnelle sont  pour  le  SE-Unsa  des  chantiers à ouvrir rapidement car ces problématiques  s’enlisent, et empêchent la mise en œuvre  d’une  gestion des ressources humaines digne de ce nom. Faute  de  le  constater  actuellement,  nous espérons  que ces éléments ne  seront  pas  négligés  dans  le cadre de la refondation. Les espoirs que cette dernière aura pu susciter fondront-ils eux aussi comme neige au soleil ?

Etre progressiste, pour le SE-Unsa, c’est avoir un projet, exigeant, pour l’avenir de l’éducation, c’est refuser le retour en arrière, la dégradation. C’est avoir une vision, précise, du progrès pour les personnels.

Nos personnels bas-rhinois aimeraient un jour pouvoir bénéficier d’un progrès tangible dans leurs conditions de travail et leur vie quotidienne. Et ils ont hâte, mais leurs espoirs se muent en amertume. Le SE-Unsa formule aujourd’hui le vœu qu’à l’échelon départemental, et à chaque fois que cela sera possible, des solutions effectives sauront être dégagées pour enrayer la frustration de nos collègues.