Le SE-Unsa 67 et d’autres organisations syndicales (CFTD, FSU-Snuipp, Snudi-FO et SNE) se mobilisent pour accompagner les maîtres formateurs du Bas-Rhin par le dépôt d’une alerte sociale relative à la modification de leurs conditions de travail à la rentrée 2026. Cette démarche forte traduit une inquiétude profonde face aux évolutions envisagées de leurs missions.
Un projet de réforme qui inquiète profondément
Dans un contexte professionnel déjà exigeant, le projet de modification des obligations de service des maîtres formateurs suscite une réelle indignation. Les changements envisagés entraîneraient une baisse de la qualité de suivi des stagiaires par une réduction drastique du temps dédié au tutorat, l’augmentation significative de la charge de travail et de son intensité.
Au-delà de la question du temps de travail, c’est bien le sens même des missions qui est en jeu. En demandant au professionnels de consacrer moins de temps aux visites et en sortant le temps de rédaction des rapports (qui pourtant font partie du processus légal de la certification) alors même que leur rôle repose sur l’accompagnement, la transmission et le soutien aux collègues entrants dans le métier, l’employeur place les PEMF dans un véritable conflit de valeurs.
Cela est un vrai paradoxe : le projet se veut répondre à de nouveaux besoins, c’est-à-dire à l’exigence de la réforme de la formation initiale d’augmenter le nombre de formateurs de terrain dans les Inspe. En Alsace, l’esprit de cette réforme est traduite par une réduction du temps consacré au suivi par les formateurs !
Parallèlement à cette diminution de la qualité et du temps de suivi, les EMF verraient leur temps de service pour l’Inspe augmenté de 140 % et celui pour les circonscriptions et la formation continue augmenté de 218 %.
Des risques accrus pour les personnels
Les organisations syndicales alertent également sur une augmentation des risques psychosociaux. Les missions des maîtres formateurs les confrontent déjà à des situations professionnellement et émotionnellement exigeantes, notamment dans l’accompagnement de stagiaires en difficulté. L’alourdissement des charges et la dégradation des conditions d’exercice ne feraient qu’accentuer ces tensions.
Des revendications claires et structurées
Face à cette situation, l’intersyndicale formule plusieurs revendications précises :
- Prendre le temps de la concertation : les changements annoncés sont jugés précipités. Les organisations demandent un travail approfondi avec les représentants des personnels, en vue d’une éventuelle mise en œuvre à l’horizon 2027.
- Refuser toute augmentation globale de la charge de travail : les PEMF assurent déjà de nombreuses missions souvent au-delà de leurs obligations. Toute évolution doit se faire à charge constante, dans un cadre co-construit.
- Maintenir la décharge de service à hauteur de 33 % : cette décharge est essentielle à l’exercice des missions de formation et ne doit pas être fragilisée.
- Préserver la polyvalence des missions : véritable richesse du corps des maîtres formateurs, elle doit être maintenue sans distinction de profil.
- Garantir une équité de traitement à l’échelle départementale : une coordination claire est demandée afin d’assurer une répartition juste des missions.
- Revoir le volume horaire du suivi des stagiaires : l’augmentation du nombre de stagiaires suivis ne peut se faire sans revalorisation du temps dédié, estimé nécessaire à 140 heures.
- Encadrer les missions de formation continue : un volume de service clairement défini est demandé pour les formations en constellations.
- Améliorer les conditions d’intervention à l’Inspé : organisation des emplois du temps, prise en compte des déplacements et regroupement des interventions sont nécessaires.
- Clarifier les missions confiées par l’Inspé : un cadre précis et un volume horaire défini doivent être établis.
- Reconnaître le temps d’autoformation : indispensable à l’exercice des fonctions, il doit être de nouveau intégré au service.
Une mobilisation pour défendre la qualité du service public
À travers cette alerte sociale, les organisations syndicales réaffirment leur attachement à un service public d’éducation de qualité. Les maîtres formateurs jouent un rôle clé dans la formation des enseignants et dans l’accompagnement des débuts de carrière.
Fragiliser leurs conditions de travail, c’est prendre le risque d’affaiblir l’ensemble du système de formation et, à terme, la réussite des élèves.
Le SE-Unsa 67 restera pleinement mobilisé pour défendre les conditions d’exercice des PEMF et porter leurs revendications dans le cadre des négociations à venir.
