Le ministre délégué Alexandre Portier ne cache pas ses convictions proches de l’association “manif pour tous” devenue le syndicat de la famille.
En évoquant la “théorie des genres” qui n’a pas “sa place à l’école “, le ministre délégué Alexandre Portier n’ a pas simplement donné son avis sur le futur programme d’éducation à la sexualité à l’école mais a bien illustré qu’il fait partie d’un gouvernement où un bon nombre de ses membres s’est opposé aux lois pour un mariage pour tous (2013) et pour l’inscription de l’IVG dans la constitution (2024).
Alors que les enfants sont naturellement curieux de leur corps et de celui des autres, on hésite à leur donner les mots pour comprendre et se protéger. Ce silence, face à l’ampleur des violences sexuelles subies par les mineurs (160 000 chaque année en France), est-il vraiment protecteur ?
L’absence d’une éducation sexuelle adaptée aux adolescents peut avoir des conséquences dramatiques. Laissés seuls face à leurs interrogations et à l’influence du porno, certains jeunes développent des angoisses, voire des dépressions. Ne pas aborder la question de l’orientation sexuelle au collège peut conduire à des situations de souffrance et de rejet, pouvant aller jusqu’au suicide. Il est urgent de donner aux adolescents les clés pour vivre leur sexualité de manière épanouie et responsable.
Ci-dessous communiqué de presse SE-Unsa
Programme Evars : besoin de clarté et de courage ministériels !
Alors que le programme d’éducation à la vie affective, relationnelle et à la sexualité, dit programme Evars, est actuellement discuté avec la communauté éducative avant sa promulgation, le ministre délégué Alexandre Portier le remet en cause en défendant une idéologie prônée par les courants les plus traditionnalistes et réactionnaires du pays. Il s’affiche alors en opposition avec l’avis de sa ministre de tutelle.
L’Ecole ne peut continuer à souffrir de l’incohérence ministérielle. La légitimité et la crédibilité des personnels sont en jeu. L’Ecole ne doit pas non plus subir d’atteintes à la laïcité et à la liberté de conscience par le camp ministériel.
Ce programme, aux notions progressives en fonction de l’âge des enfants et des adolescents, est nécessaire et urgent à mettre en œuvre. Les élèves ont besoin, comme dans bien d’autres domaines, d’accéder à cette éducation pour se construire et devenir des adultes responsables et respectueux d’autrui.
Le SE-Unsa, demande à la ministre Genetet de poursuivre le processus d’étude de ce programme et de le publier rapidement dans l’intérêt des élèves. Pour le SE-Unsa, la ministre devra indispensablement soutenir et protéger les personnels : la cacophonie ministérielle autour de ces programmes n’arrange en rien, voire aggrave, la remise en cause déjà en place de cet enseignement.
Paris, le 28 novembre 2024
Elisabeth Allain Moreno
